ENTRE soutient le photographe Gilles Mazzufferi et son exposition Plastiform
De la matière plastique emblème.
L’action consumériste remise en question via le renouvellement de ses formes-enveloppes.
Du 17 novembre au 15 décembre 2012
Ici Montreuil,
135 boulevard Chanzy à Montreuil.
Plastiform
« Le conditionnement plastique / sac plastique est une enveloppe vide où transitent tous les stigmates de notre société de consommation.
Par analogie, c’est le ventre de notre système économique, symbole de notre société́ de masse.
Le conditionnement plastique et ses dérivés transportent l’objet de nos instincts les plus grégaires.
Des fournisseurs de nos industries où il commence sa vie, aux containers où il finit en sac-poubelle… il est le plus souvent incinéré ou flottant dans les branches d’un arbre comme un étendard déchu : image qui montre bien la fragilité de notre système économique et environnemental.
Son utilisation est éphémère, tout comme se perd le rythme de nos gestes dans la confusion des villes.
Il représente la multitude et l’anonymat et devient une singularité une fois photographié.
Avec comme titre de projet Plastiform (qui regroupe plusieurs séries intitulées PlastiFloor pour les bâches plastique, PlastiBed pour le conditionnement de protection de matelas et PlastiBag pour les sacs plastiques) ces enveloppes vides, banales, dénuées d’une quelconque représentation visuelle et idéelle ont été conçues pour acheminer un ou des produits de consommation.
J’ai délibérément choisi de répertorier ces différentes matières-enveloppes comme s’il s’agissait d’un catalogue, ainsi la référence renvoie au produit qu’il achemine ou protége.
Un produit est toujours associé à un message, l’annonceur de la marque se réfère et utilise très souvent des ressorts psychologiques ancrés dans l’histoire de nos cultures pour attirer l’acheteur potentiel.
Le Packaging qui habille le produit est tout aussi transitoire que nos désirs sont inassouvis et le message disparaît une fois jeté… en attendant le suivant.
Le conditionnement plastique acquiert l’empreinte des contenus émotionnels refoulés, il est comme une psyché qui accumule des fantasmes et garde une trace imprévisible tout comme un ectoplasme éthéré.
Réinvesti le plastique prend d’autres formes que celles pour lesquelles il fut conçu.
Il est transformé en minéral, végétal ou bien en rêve et fantasme. Son détournement en fait un « non-objet pratique » en pleine transformation, pour devenir un support à teneur esthétique.
La matière plastique devient signifiante et glisse vers un bassin sémantique protéiforme. Le plastique évoque alors visuellement un ambigu écho d’une fonction psychique ; il devient signifié d’une équivoque apparence. »
La rédaction Revue ENTRE
62 rue Pouchet
75017 Paris
06 06 63 63 33
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